Le rapide guépard

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Imaginez un animal capable, en l’espace de quelques secondes, de passer de la position du repos à une vitesse de 75 km/h ! Ce bolide, c’est le superbe guépard.

Le plus rapide des animaux terrestres

Le guépard, le plus rapide des animaux terrestres, que l’on rencontre en Asie et en Afrique, porte le nom latin d’Acinonyx jubatus. Ce félin remarquablement rapide a été chronométré : on a homologué son record de vitesse à 100 km/ h. Certes, il ne peut maintenir cette fantastique allure que sur une distance de quatre ou cinq cents mètres avant de perdre son souffle, mais c’est amplement suffisant pour lui permettre de rattraper et de capturer n’importe quelle proie.

Les rajahs indiens de jadis aimaient à chasser l’antilope noire, dont la vitesse n’est pas à dédaigner. Reconnaissant les qualités de chasseur du guépard, ils décidèrent de s’en emparer et d’essayer de l’entraîner à chasser pour eux. Ils commencèrent par des jeunes, mais ceux-ci s’habituèrent trop facilement à la vie domestique. Ils n’étaient pas assez agressifs, car ils n’avaient pas appris les stratagèmes de leur espèce. C’était des guépards adultes qu’il fallait capturer et entraîner.

On repéra certains arbres que les guépards avaient l’habitude d’utiliser pour s’aiguiser les griffes. Des chasseurs envoyés par les rajahs faisaient le guet, bien cachés, en attendant que leur victime se manifeste. Ils la prenaient au « lasso » et la traînaient jusqu’au palais de leur maître. Suivait une période d’entraînement difficile. Mais, aussi étrange que cela paraisse, au bout d’un laps de temps relativement bref, l’animal sauvage répondait aux ordres de son dompteur et paraissait même se prendre d’amitié pour lui. La personne qui lui donnait à manger était toujours habillée de noir, afin qu’il la reconnaisse aisément.

Chaque guépard avait son serviteur personnel. Il disposait en outre de son charpoy individuel, ou couchette indigène composée d’un filet de corde tendu sur une charpente de bois : c’était là qu’il prenait son repos, une laisse autour du cou. Si son maître l’appréciait beaucoup, l’animal recevait une couverture, taillée dans un tissu précieux, qu’il portait pendant l’hiver. On le transportait dans la campagne sur une charrette, les yeux bandés. Ceci parce que le guépard chasse à la vue plutôt qu’à l’odorat.

Les sportifs d’antan ne jouaient pas de rôle actif dans la mise à mort. Comme dans le cas de la chasse au renard, ils se contentaient de suivre le guépard et de se fier à sa compétence. Différent en cela du tigre, du lion ou du léopard, ce félin ne guette pas sa proie et ne l’attaque pas non plus d’emblée. Il laisse à l’agile antilope le temps de prendre une avance substantielle, puis il s’élance à sa poursuite.

Le guépard : un animal qui se rapproche du chien

Même en France, des guépards ont été dressés autrefois pour les chasses royales. Le guépard est, de tous les félins, celui qui ressemble le plus au chien. II chasse comme lui. Il est merveilleusement équipé pour la course. Ses longues pattes minces lui permettent d’atteindre une taille d’un mètre, de l’épaule au sol. A la différence des autres félins, il n’a pas de griffes rétractiles. Son corps svelte, aérodynamique, à la musculature puissante, offre peu de résistance à l’air, Sa longue queue l’aide à
négocier les tournants.

Malheureusement, ce superbe animal se fait rare en Asie. On le rencontrait autrefois dans de nombreuses régions, de la Caspienne à Sumatra. En Afrique les chasseurs le recherchent pour sa belle fourrure épaisse couleur sable, tachetée de noir.

Dans les zoos, où ils bénéficient de soins avisés et sont protégés contre leurs ennemis, les guépards peuvent vivre jusqu’à quinze ans. En liberté, il est rare qu’ils atteignent cet âge. Les rajahs indiens se servaient du guépard pour chasser l’antilope noire, l’une des plus rapides.

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