Le camouflage animal

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Beaucoup d’animaux peuvent échapper à l’attention de leurs ennemis parce que leur aspect les dote d’un camouflage naturel.

Mais qu’est-ce qu’un camouflage ?

C’est la possibilité de se dissimuler grâce à une absence de contrastes. Si l’animal ne se distingue pas de l’arrière-plan devant lequel il se meut, c’est par suite de certaines particularités physiques, telles que la texture et la couleur de sa peau ou de sa fourrure.

Quand vous vous promenez dans les champs ou dans les bois, vous ne voyez pas toujours les animaux, devant les- quels vous passez. Ils se confondent avec les herbes, le feuillage ou les arbres. Dans tout le règne animal, on rencontre des exemples de ce moyen de protection naturelle.

Lorsque vous regardez un objet, vous distinguez clairement ses couleurs et les nuances de ses teintes. Mais ce qui attire surtout votre regard, c’est sa forme. Le camouflage rompt l’uniformité de la silhouette.

Avez-vous déjà vu un faon parmi les taches de lumière d’un sous-bois ? Parce que la couleur brune de son dos et de ses flancs est tachetée de blanc, sa silhouette se dissout. Vous ne voyez plus que des taches de soleil sur un objet brun qui n’a pas de contour défini.

Si vous observiez un raton-laveur sur un arrière-plan dont aucun détail ne vient vous distraire, vous jugeriez que sa tête, avec le bandeau noir qui lui traverse les joues et les yeux, le rend par trop visible. Mais, dans un décor naturel, ce bandeau brise l’uniformité de sa silhouette.

Vous le regarderiez sans le voir. Cette « coloration disruptive » offre une protection très efficace. Les zèbres et les crotales sont protégés par un type de camouflage similaire à celui de la coloration disruptive. Les losanges du crotale et les stries du zèbre distraient l’œil de leur silhouette naturelle.

Le carrelet et le phasme (ou bâton du diable) s’y prennent autrement pour se camoufler. Le carrelet et certains autres poissons peuvent contrôler leur pigmentation. Les couches superficielles de leur peau contiennent des cellules en forme d’étoiles qui renferment des pigments : noirs, blancs, jaunes et bruns. Ces cellules sont disposées de façon irrégulière. Le carrelet est posé au fond de l’eau sur ce qui est, nous dit-on, le côté primitif de son corps. Jeune, il a une forme plus normale, mais, quand il vieillit, l’un de ses yeux passe d’un côté de son corps à l’autre. Ce côté-là devient la surface supérieure, et le carrelet voit de ses deux veux tout en restant à plat.  Grâce à cette particularité et à la faculté qu’il a de tordre largement la bouche, le carrelet peut, sans bouger, attraper les proies qui passent à sa portée. Mais ses yeux lui rendent un service plus grand encore.

Ce qu’ils voient du milieu dans lequel il se trouve détermine en lui un changement de pigmentation. Par exemple, si le carrelet est posé sur un fond sablonneux, la teinte de son corps change pour s’adapter à celle du sable que celui-ci soit brillant, blanc, corail, boueux ou rempli de particules noires d’origine volcanique. Chaque pigment agit séparément. Et, comme si cet exploit ne suffisait pas en soi, le poisson peut adapter la disposition de ses couleurs à la texture du sable. Si celui-ci est fin, le poisson se couvre de fins pointillés ; s’il est mêlé à du gravier, les taches sont plus grosses. Lorsque le carrelet se déplace, sa coloration s’adapte presque aussitôt à son nouveau milieu. D’autres poissons, telle la truite
de rivière, se protègent en changeant de nuance.

Leurs couleurs et la disposition de celles-ci restent les mêmes. Les poissons qui hantent les profondeurs obscures des océans sont souvent noirs.

Dans le cas du phasme, c’est encore une autre histoire. Cet insecte ressemble à une brindille. Il appartient à la famille des Phasmidés dont les membres suggèrent des feuilles ou des branchages. Bien entendu, ils doivent demeurer dans leur milieu naturel pour être en sécurité. Autre exemple de coloration protectrice : le petit crabe couleur de sable que l’on rencontre sur les plages. Quand il court, son mouvement peut attirer le regard, et on le reconnaît pour ce qu’il est. Mais, dès qu’il s’arrête, il disparaît comme par miracle à la vue.

Les différents types de camouflage qui existent dans la nature adoptent des formes diverses et passionnantes. Ils sont d’un grand secours aux animaux dans leur lutte incessante pour la vie.

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