L’éphémère : un insecte à la courte durée de vie

Le gracieux éphémère est totalement inoffensif, quoique les longs filaments de sa queue ressemblent à des aiguillons.

L’éphémère adulte a le corps allongé, de couleur beige. Ses filaments, au nombre de deux, ou même de trois, selon l’espèce, sont parfois d’une longueur double de celle du corps. La tête porte de courtes antennes et de gros yeux protubérants. Les ailes sont très jolies, transparentes, striées de veines nombreuses ; on dirait de la dentelle. Au repos, l’éphémère les garde dans une position verticale. Il ne vit que quelques jours au maximum et ne mange pas, si bien que son appareil buccal est très réduit.

Le mâle a de très longues pattes dont il se sert pour retenir la femelle pendant qu’il la fertilise en plein vol.

Toujours en volant, la femelle pond ses œufs au-dessus de l’eau. Les œufs se posent au fond et, s’ils ne sont pas détruits, ils donnent naissance à d’étranges petites larves, aux antennes et aux pattes frangées, munies, de chaque côté, de plusieurs branchies en forme de plumes, dotées de trois filaments que l’on nomme aussi cerques. Les larves se servent de leurs branchies et de leurs filaments pour nager, de leurs pattes pour creuser dans la boue. Elles se nourrissent d’algues. Certaines, de temps à autre, mangent de petits insectes aquatiques. Leur appareil buccal se compose de plusieurs parties distinctes.

L’état de larve

Nous avons encore beaucoup à apprendre sur le stade aquatique de l’éphémère, mais certaines — plus de trois cents espèces passent au moins deux ans à l’état de larve ; d’autres, quelques semaines.

Lorsqu’une larve est prête à quitter l’eau, elle monte à la surface et absorbe de l’air jusqu’à ce que son appareil alimentaire en soit gonflé. Puis elle rampe sur la tige ou la feuille d’une plante. Sa peau se déchire et il en sort un insecte ailé, mais qui n’a pas atteint encore le stade adulte. On le nomme sous-imago, et son exemple est unique dans le monde des insectes. Au bout de vingt-quatre heures ce sous-imago mue à nouveau et devient un insecte parfait. De ses deux paires d’ailes, celles de derrière sont beaucoup plus petites et plus arrondies que les autres.

L’éphémère se repose pendant que ses organes reproducteurs se développent, que ses pattes et ses filaments s’allongent et durcissent. Puis il entame son vol nuptial au-dessus de l’eau.

Très peu de temps après la ponte, les adultes meurent. Le cycle recommence, et les étangs, les mares, les cours d’eau boueux l’emplacement diffère avec l’espèce — se remplissent d’une autre génération de larves.

Les éphémères, larves ou adultes, ont de nombreux ennemis. Non seulement les poissons les considèrent comme un élément important de leurs régimes, mais beaucoup d’oiseaux, d’insectes plus gros, de libellules, de grenouilles et de salamandres les dévorent.

Les éphémères volent la nuit. Leurs essaims se jettent sur les réverbères ou les fenêtres, et les gardiens de phares ont bien du mal à s’en débarrasser. Les éphémères sont en très grand nombre dans les villes construites au bord des lacs. Mais, aux heures chaudes de la journée, ils restent dans les endroits les plus ombragés.

L’éphémère n’est pas un nouveau venu dans nos régions ; son histoire est très ancienne. On l’a découvert à l’état de fossile dans des dépôts datant du Carbonifère.

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