Dans la gueule du requin

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L’aspect extérieur du requin a peu changé depuis l’époque où ses ancêtres firent leur apparition dans l’océan il y a des millions d’années. Ce rapide écumeur des mers est parfaitement équipé pour survivre.

Le requin est un véritable poisson, mais il n’a pas la vessie à air que l’on trouve chez la plupart de ses congénères. Cette vessie donne au poisson plus de légèreté, en lui permettant de rester immobile à n’importe quelle profondeur. Le requin, qui en est dépourvu, doit nager continuellement pour se maintenir à la même profondeur. Il a un squelette de cartilage, un merveilleux système musculaire, une peau dure protégée par des écailles épineuses, très rapprochées les unes des autres, un cerveau bien développé pour un poisson, un odorat fin, une ouïe excellente aidée par des nerfs extrêmement sensibles aux vibrations.

Gueule de requin : à quoi ressemble-t-elle ?

Les dents de requin

Le requin a une énorme gueule très bien fournie de dents à tous les stades de leur développement. Lorsque les unes s’usent, d’autres les remplacent. Leur base n’est pas l’os de la mâchoire, mais la peau durcie de la gueule.

Les dents que perdent les requins tombent au fond de la mer ou sont entraînées sur les plages par les marées. Voilà pourquoi on trouve si souvent des dents de requins fossiles et modernes. Le savant s’en sert pour identifier les différentes espèces ; mais elles lui sont également utiles comme source d’indications sur les mœurs de ces animaux.

Les requins ne mâchent pas leur nourriture : ils mordent, avalent et pressent ou écrasent leurs victimes. Ceux qui mordent et avalent — on compte parmi eux les requins blancs et bleus — ont un énorme gosier où se logent les grosses bouchées qu’ils arrachent à leur proie.

Ceux qui pressent ont des branchies ciliées et de petites dents dont ils se servent pour filtrer l’eau qui s’engouffre dans leur gueule béante quand ils nagent et pour retenir des poissons minuscules, des méduses, des crustacés. Les autres écrasent les mollusques qu’ils mangent.

Chaque espèce de requin a des dents adaptées à son mode d’alimentation particulier : le requin blanc, par exemple, a de larges dents triangulaires ; le requin-marteau, des dents triangulaires mais étroites ; le requin-tigre, des dents larges en forme de faucille. Ceux qui se nourrissent de mollusques ont des dents plates, qui ressemblent à des pavés tellement elles sont serrées les unes contre les autres.

Depuis toujours, l’homme se sert des dents de requins. Les Indiens du sud-est de l’Amérique, par exemple, quand ils trouvaient des dents pétrifiées de requins préhistoriques, les fendaient par le milieu et les utilisaient en guise de couteaux. Les peuplades des îles du Pacifique, y compris les Célèbes, les Philippines et les Marquises, en faisaient des outils, des armes, des ornements. D’autres, des pointes de flèches.

Cependant, les dents de requins ne sont pas toutes précieuses et utiles. Certaines sont beaucoup trop petites pour qu’on puisse en faire quoi que ce soit. D’autres sont abîmées ou creuses, peut-être parce qu’elles n’étaient pas pleinement développées au moment où l’animal les a perdues. Seules les dents solides et de bonne taille sont de quelque utilité.

On a raconté sur les requins beaucoup d’histoires, vraies et fausses. Des experts vous diront que, pour planter un couteau dans leurs flancs il faut une force plus qu’humaine. On a longtemps cru que certains requins pouvaient resserrer leurs chairs pour résister au harpon.

Les savants expliquent la chose ainsi : sur la peau du requin, les écailles placoïdes (en forme de dents) sont disposées un peu comme les carreaux hexagonaux qui forment le revêtement d’une salle de bains, les tissus étant semblables au ciment qui en comble les interstices.

Lorsqu’il est énervé ou qu’un objet le touche, le requin, soit volontairement, soit par action réflexe, resserre ces « tuiles », de sorte que même la pointe du harpon ou la lame du couteau ne peut pénétrer entre elles : le requin est alors revêtu d’une sorte de cuirasse résistante
ininterrompue.

Les requins attaquent parfois les hommes et même les bateaux. A Key West, en Floride, un gros requin-tigre, blessé, se jeta, dans sa douleur et sa colère, contre un bateau dont il fracassa la coque de ses dents robustes.

Mais, si cette histoire est vraie, beaucoup d’autres anecdotes à propos des requins sont fausses. A Hawaii, toute une mythologie s’est formée, qui compte des dieux requins et des requins capables de se transformer à volonté en hommes, en mammifères ou en oiseaux.

Avant la construction de la base navale de Pearl Harbour, des récifs coralliens entouraient ces eaux. Il paraît que jadis des combats herculéens entre homme et requins s’y déroulaient.

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