Chauve-souris : le fonctionnement de son radar

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Actuellement, les instruments de radioguidage sont utilisés sur une très grande échelle : ils ont l’avantage de fonctionner par tous les temps, qu’il pleuve ou qu’il neige. Quand on lance dans l’espace des impulsions radio, un écho rebondit au contact d’un objet solide. L’écho s’inscrit sur les écrans de détection.

Un opérateur bien entraîné peut en déduire la direction d’où il vient et aussi le temps qu’il a mis à rejoindre le détecteur. Sachant que les ondes-radio voyagent à la vitesse de la lumière (300 000 km/s), il peut calculer avec précision la distance parcourue par l’impulsion et son écho. En divisant ce chiffre par deux, il obtient la distance à laquelle se trouve l’objet.

Il existe dans le monde de la nature un mammifère qui utilise une méthode à peu près similaire pour détecter les objets. C’est la chauve-souris, le seul mammifère qui soit réellement capable de voler. La chauve-souris vole la nuit.

Son vol est rapide. Sans son « radar » elle s’assommerait en filant et vire-voltant dans les cavernes obscures et les forêts sombres. En outre, elle ne verrait pas les insectes dont elle se nourrit.

Ce qui, chez la chauve-souris, correspond aux signaux radar, ce sont les cris extrêmement aigus — qu’elle émet tout en volant. Ces cris sont des ultra-sons : leur fréquence est si haute que l’oreille humaine ne peut les entendre. Quand ils heurtent un objet solide, ils se réfléchissent jusqu’aux oreilles de l’animal, jouant ainsi le rôle de signaux avertisseurs et de guides directionnels.

Voilà des siècles que les chauves-souris volent dans les ténèbres de cavernes aux contours tortueux. Jadis, les naturalistes n’y comprenaient rien. Ils se demandaient si ces animaux se fiaient à leur vision. Voyaient-il si bien que cela dans le noir ? Ils savaient que le vieux dicton, « aveugle comme une chauve-souris » ne reposait sur rien, et que ces mammifères jouissaient d’une excellente vue.

Il y a environ cent soixante ans, un savant italien tenta une expérience avec des chauves- souris. Il leur banda les yeux et les lâcha. Rien d’extraordinaire ne se produisit. Elles volèrent sans plus d’accidents qu’avant. Plusieurs années après, un autre savant s’intéressa à leur ouïe. Il leur boucha les oreilles avant de les lâcher et découvrit qu’elles avaient du mal à voler. Que signifiait cette découverte ?

Le temps passa et les naturalistes en vinrent à penser que la peau de leurs ailes était dotée de sens spéciaux qui leur permettaient de voler dans l’obscurité sans se heurter aux objets. Mais ils ne purent trouver rien de tangible pour confirmer ce point de vue. On ne savait toujours pas comment la chauve-souris s’y prenait pour se diriger dans les ténèbres les plus épaisses.

On découvrit alors qu’elle possédait une ouïe exceptionnellement fine, particulièrement entraînée à détecter les sons très aigus. On se servit d’appareils d’enregistrement extrêmement sensibles pour capter les sons qu’elle émettait en volant. Ils avaient une fréquence de 45 à 50 000 vibrations par seconde. Rien d’étonnant à ce que les hommes ne les entendent pas. Nos oreilles ne peuvent capter de sons d’une fréquence supérieure à 20 000 vibrations par seconde.

Une expérience mit fin à tous les doutes qui pouvaient subsister. On suspendit dans une pièce insonorisée un écran de fils de fer, séparés les uns des autres par 30 cm environ. Puis on y lâcha des chauves-souris, les unes provisoirement aveuglées, les autres non et on les obligea à passer à travers l’écran.

Toutes celles qui voyaient comme celles qui ne voyaient pas se tirèrent de l’épreuve avec les honneurs de la guerre ! La preuve était faite que la chauve-souris n’avait pas besoin d’y voir pour trouver son chemin dans le noir.

On procéda à d’autres expériences. On bâillonna des chauves-souris pour leur empêcher d’émettre le moindre son ; on boucha les oreilles des autres afin qu’elles n’entendent plus rien.

Dans les deux cas, le résultat fut identique. Les animaux hésitaient à voler. Quand on les Y obligeait, ils se déplaçaient lentement. Ils semblaient peu sûr d’eux et se heurtaient aux fils de fer, aux murs, à tous les objets solides.

Leur comportement ne redevint normal que lorsqu’on leur rendit la voix et l’ouïe. Sans leur système de radar, les chauves-souris seraient perdues.

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